07.08.2008

Réforme des 35 heures et les cadres

 

Temps de travail - La grogne monte chez les cadres

 

 

Alors qu'un texte réformant la loi sur les 35 heures a été adopté fin juillet, il semble que les cadres français ne soient pas satisfaits de leur sort, comme l'illustre un sondage réalisé pour Les Echos par l'Ifop : Si 92 % des cadres s'estiment globalement contents de leur situation professionnelle, il ne s'agirait que d'une satisfaction "de façade", (seuls 44 % sont très satisfaits de leur situation, contre 48 % plutôt satisfaits), masquant des éléments de récrimination, selon Jérome Fourquet, directeur adjoint du département opinion et stratégies d'entreprise de l'institut.

En tête de ces éléments : le niveau des salaires. En effet, selon l'étude, ils ne sont qu'un sur deux à s'estimer satisfaits sur ce point précis. Autre aspect de la vie de bureau qui fait grincer des dents, les perspectives d'évolution de carrière. Là, c'est même pire que pour les salaires, puisqu'ils ne sont plus que 39 % à les juger satisfaisantes. Les formations proposées dans le cadre du travail sont aussi à l'amende : à peine plus d'une personne sur deux (51%) les juge satisfaisantes. Autre sujet d'inquiétude, la confiance des cadres vis-à-vis de leur direction a tendance à s'effriter. Notamment avec les ressources humaines puisque les cadres ne sont plus que 57% à leur accorder leur confiance. Un chiffre qui perd 6 points en deux ans. A l'inverse, la confiance accordée aux collègues monte en flèche à 93% avec 10 points en plus. Preuve selon Jérome Fourquet, de la perplexité des cadres face "à la gestion à court terme qui heurte leur vision de l'entreprise".

Autre point qui peut s'avérer problématique dans un avenir proche : la question des RTT. Alors que le 23 juillet, un millier de cadres avaient manifesté devant le Sénat contre la réforme du temps de travail, selon le sondage Ifop pour Les Echos, moins d'un cadre sur deux se dit prêt à céder tout ou partie de ses jours. La raison en semble claire : ils estiment déjà travailler beaucoup et sont 78% à estimer déjà faire des heures supplémentaires non rémunérées. D'où, selon Jérome Fourquet, un risque de tensions futures "si les entreprises saisissent la possibilité que leur donne la loi sur les 35 heures de tout remettre à plat".

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